J'y repense sans cesse. Mon esprit tourne en rond, y revient toujours. Parfois, il semble s'éloigner un peu, quelques heures, mais ce n'est qu'une ellipse, pour mieux y revenir, au moment le plus incongru (en plein milieu d'un problème d'hydro pendant ce futain de concours blanc par exemple).
Ca a quelque chose de tellement surréaliste. Quand j'ai ouvert mon joueb, je m'étais dit que je n'en parlerai pas, parceque cela ne regardait que moi dans le fond, que si j'en parlait, je risquais de m'enfermer dans une image fausse, ou plutôt de fausser le regard des gens. ce mot ce mot est si lourd de préjugés, d'idées reçues que je préférais l'esquiver. Et puis après toutes ces années sans savoir, après des mois pour l'accepter... j'avais envie de... de m'en démarquer un peu, de me prouver que je pouvais me construire sans ça.
(oui, je sais, ce n'est pas clair, mais je n'écrirai pas ce mot. Parceque cela concerne quelqu'un d'autre sur joueb, et que par respect pour elle, je ne vais pas hurler cela. J'ai déjà fait suffisament de dégâts avec mes gros sabots).
Essayons d'expliquer.
C'est comme si vous portiez une perle noire en vous. Elle est là, vous la percevez, mais dans la pénombre, elle est invisible. Elle roule, se dérobe, glisse et vous échappe. Vous la sentez sans jamais pouvoir mettre le doigt dessus.
Elle est là, latente. Cela a quelque chose d'opressant, mais on vit avec depuis tellement longtemps, comme on n'avait pas de mots pour cela, on a appris à cacher, tromper, se tromper soi même, oublier.
Et puis un jour, on [se] découvre. On met un mot dessus.
Et tout s'éclaire d'un jour nouveau. Pas forcément magnifique, mais qui a au moins le mérite d'éclairer. De nommer les choses.
C'est un choc, toujours.
On ne peut y croire, justement parce que c'est connoté si positivement pour tant de monde, qu'on se dit que sa perle tordue ne peut venir de là. Quelque chose en nous veut y croire, mais on se dérobe. On a peur de la déception, de la chute. Parceque ce serait retomber de trop haut. Et dans le noir.
Puis, peu à peu, à force de parler avec d'autres, à force de renseignements, à la suite d'un lent mûrissement, on finit par y croire.
Parce que tant de choses s'expliquent.
C'est exaltant mais ça fait peur. Comme si on recevait soudainement une boussole, mais sans vraiment savoir s'il faut se diriger au nord ou au sud pour sortir du labyrinthe.
J'étais passée par tout ça. J'avais finit par l'intégrer, apprendre à vivre avec ces réponses, et ces choses bancales qui se calaient un peu grâce à elle.
Et puis on s'est écrit des mails.
Au détour d'un mail, d'un paragraphe. Une phrase, deux, un paragraphe, une question qui m'interpelle, me saute littéralement au visage, fait couler quelques larmes.
La sensation de revenir des années en arrière je connais tout ça. Sauf que cette fois je suis de l'autre côté du miroir.
Cette fois, j'ai une réponse à cette question, cette fois c'est moi qui peut tendre la main. En même temps ça me parait fou, ses mots sont tellements justes, tellement précis, qu'elle ne peut que savoir, ce n'est pas possible.
Alors, j'écris un mail, vite, un mail bancal, mal foutu. Au lieu de parler posément, je vais trop vite, un vrai éléphant. J'ai peur d'avoir brisé de la porcelaine.
J'avais l'impression de me retrouver face à mes questions il y a quelques années.
En y repensant, je suis partagée entre le rire et les larmes. C'est tellement dingue un tel hasard (en est ce vraiment un ?)
Elle ne savait pas, elle ne l'envisageait même pas.
Bien sûr mes mails étaient trop brutaux. Je m'en veux. (on est maladroite, ou on ne l'est pas.). (Mais leur contenu est juste, je n'en doute plus.).
J'aurai dû m'y prendre différemment, cela implique tant de choses, tant de boulversements. Mais je suis contente d'avoir ouvert la brêche, trouvé une voie, peut être. J'espère.
La vie est tordue. On croit en avoir finit avec quelque chose, l'avoir digéré, intégré. Et puis une ellipse nous ramène au point de départ, mais de l'autre côté du miroir. On peut inverser les rôles, aider peut être un peu.
(j'ai été maladroite, mais tant de sentiments se battaient en moi)
(C'est un post embrouillé, dont une seule personne, sans doute, a les clés pour le comprendre. Tant pis. Il était pour elle. Pour moi. Pour cette vie tordue.)
Commentaires :
Et même si t'en vois pas vraiment l'utilité, je crois qu'il faudrait qu'on parle ( pas de toi ni de moi ), c'est peut-être important.
Donc euh.. mon adresse: arioth79@hotmail.com
Voilà.
Bonne continuation.
C'est vrai que les gens n'y voient que du positif et ne savent pas à quel point on peut ressentir ça comme un poids, comme une contrainte, comme quelquechose qui empèche de vivre "comme les autres".
C'est vrai aussi que quand on sait, tout s'éclaire d'un coup, tout s'explique.
Et puis apprendre à "gérer", à en tirer parti et en faire un atout pour continuer à voir la vie toute tordue c'est vraie, mais enfin heureuse...
J'ai toujours énormément apprécié ton blog, ta façon d'écrire, parceque justement je me retrouve souvent dans ta manière de penser. Maintenant je comprends d'autant mieux pourquoi.
Si tu veux qu'on en discute un peu klaimanss@hotmail.com
Re:
(merci)
(oui ça me tente, je note ton adresse, hein. Un mail, bientôt, promis)
Non, je n'ai rien à ajouter. Je voudrais; ça vient pas.
[Juste, j'y ai bien réfléchi, et ça ne peut pas être ça. Je suis désolée.]
Merveilleux article quand même..
Re:
Princesse, tu n'as pas à être désolée.
C'est pour toi que je le suis. Parceque la situation dans laquelle tu es n'est vraiment pas facile à vivre.
(Les mots me viennent, peu à peu, pour expliquer comment je suis passée de l'autre côté. Un mail, quand tout ça aura un peu mûri, et pour tout le reste aussi).
Essaie juste... De ne pas rejetter définitivement tout ça. Le doute est normal.
Et il y a tant de trucs qui collent, que ce ne peut être que des coïncidences. Je suis persuadée que d'autres l'ont vu, même s'il n'ont trouvé les mots pour te le dire. Surtout, surtout, ne rejette pas tout au seul motif que on l'aurai vu. Parce que non, c'est faux. On ne le voit pas, trop souvent... Et c'est pour cela que c'est un tel... problème.
(le doute est normal, oui je n'ai que cette phrase au bout des doigts). Je ne sais pas, renseigne toi, parle avec... d'autres, peut être, vas sur un forum, (même en leur expliquant que tu n'y crois pas pour toi)... je ne sais pas...
Je sais que ça a quelque chose de terrifiant, parce que c'est inconnu. Mais une telle lumière, si elle est dure à trouver, si elle brûle les pupilles, ne s'invente pas. et au final.... il y a des explications, même si d'elles naissent de nouvelles questions. (mais ces questions ne sont plus totalement perdues, elles s'ancrent en quelquechose).
Prends le temps qu'il te faut pour y penser, l'écarter, y revenir, prends le temps qu'il te faut...
(mais ne rejette pas tout en bloc.)
(mais n'ajoute pas une nouvelle épaisseur d'édredons en te disant que tu ne sentira plus ta perle.)

exvag
Tu n'as qu'un seul but, c'est aider. Tu as à ça en toi.
Les maladresses, ce n'est pas si grave, foi d'ours à grosses pa-pâtes.
Je crois que la porcelaine est déjà mille fois brissée. Tes mots, s'ils sont bruts sonnent justes.
Je te souhaite qu'elle accepte la main tendue.
Tu n'es pas si cynique que tu crois. Tu es quelqu'un de bien miss P1