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un mur à berlin
Le souffle de l'autruche.

Si vous vous attendiez à un documentaire animalier, vous êtes mal tombés...
Ce matin, mon médecin m'a détecté un souffle au coeur. Rien de grave a t elle aussitôt assuré.
Ca fait 6 bons mois que je me dis qu'il faut que je retourne chez mon médecin, car je me sens fatiguée, puis que je me dis à moi même que je suis une chochotte, et que je repousse l'échéance, avec le plus sûr instinct d'une autruche. L'autruche est un peu fatiguée. L'autruche souffle dans mon coeur.

J'ai toujours un peu peur quand je vais chez le médecin. Non pas qu'il trouve une maladie, mais qu'il n'en trouve pas. Complètement stupide, je vous l'accorde. Mais j'ai été éduquée dans le mépris des petits bobos, des petites maladies et des médicaments pris pour un rien. Quand je vais chez le médecin, j'ai toujours peur qu'il me juge négativement, s'il ne trouve rien, et que ma mère fasse de même. Alors je repousse toujours le moment d'y aller.

A force de me mettre la tête sous le sable j'ai un souffle au coeur. Grandiose. Ya des jours comme ça je me donnerais volontiers des claques.
Enfin, rendez vous pris lundi matin pour des prises de sang (je sens que ça va être épique...). J'exagère. Le souffle ne m'handicape pas vraiment, mais c'est un symptôme que je considère (peut être à tort) comme un signal d'alarme.. (j'avais fait une petite anémie précédemment, mais le souffle n'était pas apparut, donc j'imagine que cette fois c'est plus sérieux).

En même temps une petite voix me souffle (souffle est décidément le mot du jour) "tu vas te ridiculiser, lundi les résultats de labo vont revenir et tu n'auras rien". Je ne peux pas m'empêcher de le penser, en dépit de tout. "rien de grave".
N'empêche que ça me fait bizarre de savoir qu'un petit quelquechose boite, à l'intérieur de moi.

Par pur esprit de contradiction, je suis allée à mon entrainement d'art martial (le viet vo dao). J'hésitais à y aller, mais ce "diagnostic" m'a persuadé de le faire. J'avais envie de me prouver que je pouvais y arriver. Comme envie de me dépasser J'y suis arrivée, je suis en paix avec moi même, comme à chaque fois que je sors d'un entrainement. Victoire sur moi-même, comme à chaque fois.
Et aujourd'hui un peu plus. Je suis crevée et demain chaque muscle de mon corps hurlera de ne plus jamais JAMAIS recommencer ça, dans le language des courbatures. Exactement ce que je voulais. Je suis rassurée. Je suis comme avant. Avec en plus, ce petit quelque chose qui boite.

Je ne peux m'empêcher de penser que cet article est stupide. Je viens de le relire, et décidément je ne l'aime pas. Il sonne faux. J'ai l'impression que je fais une montagne d'un petit rien. Mais rien que pour dépasser la censure que je m'impose d'habitude à propos de ma santé, je le publie... Vive les vertus thérapeutiques de l'écriture...

Ecrit par Villys, le Samedi 26 Avril 2003, 20:27 dans la rubrique "Cercle pour rien".
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